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I Samuel › 20:17
I Samuel 20:17
Et Jonathas renouvela ses serments à David, parce qu’il l’aimait ; car il l’aimait comme son âme.
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Que signifie I Samuel 20:17 ?
Dans le premier livre de Samuel, chapitre vingt, verset dix-sept, l'amour de Jonathan pour David dépasse le cadre de l'affection fraternelle pour toucher aux fondements de l'ontologie d'alliance. Ce serment répété scelle une rupture métaphysique avec la logique dynastique du monde antique : le prince légitime renonce à sa souveraineté pour fondre son existence dans celle de l'oint divin, inaugurant le mystère théologique d'une dépossession totale au service du Royaume.
La métaphysique de la Nefesh et l'indivisibilité de l'être
Le terme hébreu nefesh, souvent réduit à la notion d'âme, embrasse en réalité la totalité corporelle et vitale de la personne humaine. Aimer David « comme sa propre nefesh » signifie que Jonathan n'accorde pas une simple bienveillance morale, mais opère un transfert d'identité ontologique. En vertu du principe d'alliance hébraïque (berit), deux destinées distinctes se dissolvent pour ne former qu'un seul souffle devant Dieu, accomplissant dans une radicalité absolue le commandement du Lévitique chapitre dix-neuf.
Votre vie n'appartient plus à votre propre trajectoire : toute tentative de préserver votre statut individuel contre le dessein de l'alliance divine devient une scission et un suicide ontologique.
La kénose politique et le renversement dynastique
Dans le contexte de la royauté proche-orientale, le fils aîné défendait son trône par le sang et l'élimination des rivaux potentiels.
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Sens théologique de I Samuel 20:17
Dans la tradition théologique catholique, le pacte unissant Jonathas et David dépasse la simple sympathie humaine pour devenir le lieu dogmatique privilégié d'une théologie de l'amitié sainte (*amicitia spiritualis*). De saint Augustin à saint Thomas d'Aquin, en passant par la mystique cistercienne d'Aelred de Rievaulx, l'affirmation selon laquelle Jonathas aimait David « comme son âme » est reçue comme l'archétype d'une charité qui renonce à soi au sein de l'alliance divine (*foedus*). Ce verset constitue le fondement scripturaire d'une ontologie de la communion où l'amitié surnaturelle devient une véritable théophanie de la grâce salvifique.
La théologie monastique de l'amitié spirituelle et l'iconographie trinitaire
*Saint Aelred de Rievaulx (De Spirituali Amicitia)*
Pour Aelred de Rievaulx, l'attachement de Jonathas envers David illustre le sommet de l'amitié spirituelle, conçue comme un chemin d'élévation mystique où l'amour humain est transfiguré en amour divin. S'appuyant sur ce passage, le docteur cistercien montre que la véritable amitié est une participation directe à la charité incréée, formulant l'audacieuse maxime : « Dieu est amitié » (*Deus amicitia est*). Le serment réitéré de Jonathas n'est pas une passion terrestre mais une communion sanctifiée dans laquelle deux volontés s'unissent pour préfigurer l'amour du Christ pour son Église.
L'affection fraternelle humaine n'est plus une simple inclination naturelle, mais devient…
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Provenance
- Livre: Premier livre de Samuel - Auteur attribué: Anonyme ; attribué traditionnellement au prophète Samuel, mais la critique moderne identifie une compilation composite de traditions orales et de sources archivistiques royales. - Langue de composition: Hébreu biblique classique - Période: Composition finale entre le VIIe et le VIe siècle avant l'ère commune, intégrant des récits pré-exiliques du Xe au VIIIe siècle avant l'ère commune. — Jérusalem ou Yehoud (province de Judée) - Public original: Communautés judéennes d'époque monarchique tardive et de l'exil babylonien cherchant à comprendre l'origine et la légitimité de la dynastie davidique.
Position canonique
Dans le canon chrétien, le Premier livre de Samuel prend place parmi les livres historiques de l'Ancien Testament, situé entre le livre de Ruth et le Deuxième livre de Samuel. Dans le canon hébraïque, il constitue la première partie d'un livre unique de Samuel au sein des Prophètes antérieurs.
Genre
Historiographie narrative monarchique et théologique, intégrant des récits d'apologie politique et des formules de pacte d'alliance.
Circonstance historique
La rédaction s'intègre dans le vaste projet de l'Histoire deutéronomiste, élaboré pour donner un sens à la chute de la monarchie et à la destruction du temple de Jérusalem.
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I Samuel 20:17 au regard d'autres traditions
Le premier livre de Samuel, chapitre 20, verset 17, scelle l'amour de Jonathas et David par un serment qui lie une âme à une autre (*k'naphsho*). Alors que la pensée grecque classique exige une stricte égalité civique pour fonder la véritable amitié (*philia*) et que le soufisme envisage la communion fraternelle (*suhba*) comme une annihilation de l'ego (*fana*) dans l'Absolu, la tradition biblique ancre cette affection dans une alliance (*berit*) théopolitique concrète. Avant toute convergence sur le don de soi, ces voies divergent : le texte hébreu refuse l'abstraction philosophique et la pure extase mystique pour inscrire l'amitié dans le risque historique, la rupture dynastique et la fidélité prophétique.
L'autre moi-même et l'abdication politique face à la philia aristotélicienne
Chez Aristote (*Éthique à Nicomaque*, livre huit), l'ami est un « autre soi-même » (*heteros autos*), mais cette relation requiert une égalité sociale au sein de la cité. À l'inverse, l'amour de Jonathas pour David subvertit la hiérarchie dynastique : héritier du trône, Jonathas cède volontairement ses droits régaliens à l'oint de Dieu. La convergence réside dans l'identification ontologique où l'âme (*nephesh*) se reconnaît en autrui, mais la Bible transforme la vertu civique grecque en une kénose politique guidée par l'alliance sacrée.
En contemplant cet abandon, vous comprenez qu'aimer autrui comme…
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